Les formations françaises d’écologie industrielle

La réforme LMD (Licence Maîtrise Doctorat) doit être effective à la rentrée universitaire 2005. De nombreuses formations  attendent  l’avis du ministère sur l’habilitation des Masters. Le paysage français des formations universitaires en écologie industrielle sera donc remanié d’ici quelques mois.

Alors que les expériences d’écologie industrielle commencent à fleurir en France, les formations relatives à ce domaine voient elles aussi le jour mais uniquement en niveau post-bac.

Attention : tout le monde n’entend pas l’écologie industrielle comme une approche systémique de développement durable : nombreux sont ceux qui nomment ainsi toute action simplement environnementale réalisée par une entreprise. Il en va de même avec les formations.

Voici donc un recueil des enseignements français d’écologie industrielle : dématérialisation, économie de fonctionnalité …

Licence professionnelle

– Gestion de la production industrielle – Mulhouse (68)

Dans le tronc commun de cette formation destinée à former des techniciens, se trouve un cours d’écologie industrielle abordé pendant 15h sous deux aspects :

• La définition de l’écologie industrielle basée sur les travaux de Suren Erkman suivant une approche systémique ;

• Et par une approche plus managériale via ISO 14001.

Pour plus d’informations : www.iutmulhouse.uha.fr/spi/prog.htm

– Nombreuses sont les formations qui ne traitent qu’une partie de l’écologie tout en donnant ce nom là au cours. C’est le cas d’une formation à Lannion (22).

La formation proposée trouve sa place dans le parcours des étudiants ayant des pré-requis en conception mécanique et désireux de devenir des spécialistes de la conception assistée par ordinateur.

Les notions d’écologie industrielle sont inculquées dans un module traitant des outils modernes de la production industrielle. Ces notions doivent permettre au responsable de projet que deviennent les étudiants, de faire un choix dans les matériaux qu’ils utilisent afin que les produits puissent d’adapter au mieux aux critères écologiques lors de leur fabrication et leur utilisation. Les notions vont jusqu’à parler d’éco-conception.

Pour plus d’informations : www.univ-brest.fr

Les formations de 3ème cycle

Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées DESS

– DESS Ecologie industrielle (DESS EI), Université de technologie de Troyes

Le nouveau DESS proposé par l’Université de Technologie de Troyes présente une véritable spécificité par rapport aux autres formations environnementales : il aborde de manière approfondie le thème de l’écologie industrielle

Le DESS « Écologie industrielle » défend l’idée qu’un secteur aussi transversal et complexe que l’environnement réclame à ce niveau de formation (Bac + 5 ans), la synergie de compétences multiples de haut niveau. Il s’agit donc de dispenser une formation spécialisée, polyvalente et professionnelle aux métiers de l’environnement.

Pour former ces spécialistes, l’enseignement du DESS EI complète les acquis des étudiants ou des professionnels par des connaissances et des savoirs opérationnels de l’ingénierie écologique qui font aujourd’hui l’objet d’une demande croissante de la part des milieux professionnels. L’objectif est de rendre les candidats capables de proposer des solutions ” durables ” en matière de gestion des ressources (naturelles et anthropiques) en s’appuyant sur des méthodologies génériques et des outils d’analyse spécifiques à l’écologie industrielle. Le DESS offre aussi aux étudiants une culture environnementale large, qui leur donne des outils et des potentiels pour être en mesure de développer eux-mêmes des démarches innovantes et d’apporter les éléments clefs, voire les solutions, pour des prises de décision parfois lourdes de conséquences. Il s’agit de favoriser les capacités à apprendre, à s’adapter à des situations variées, à travailler en équipe, capacités essentielles dans un secteur en pleine croissance et évolution.

A travers cette formation, il s’agit d’approfondir des connaissances dans trois domaines :

• Les outils et les méthodes de l’écologie industrielle et ceux du management environnemental classique ;
• Les sciences de l’environnement et l’écologie ;
• Le cadre social, historique, philosophique, juridique et économique du management environnemental.

La formation, assurée pour l’essentiel par des intervenants professionnels (255 heures soit 60% des enseignements) comporte six modules, et permet au candidat de disposer de connaissances multidisciplinaires, indispensables dans les métiers auxquels prépare la formation. Ce sont des compétences organisationnelles (systèmes de management environnemental ISO 14000 ou EMAS), des compétences techniques de gestion de l’environnement (analyse du cycle de vie, éco-conception, facteur 4, technologies et production propres, applications techniques de l’écologie industrielle , logistique étendue et de collecte, techniques de recyclage, traitement et valorisation des déchets, etc.), des connaissances scientifiques précises sur le rapport entre l’activité humaine et son environnement (éco-toxicologie, métabolisme industriel et régional, dynamique des écosystèmes, etc.), une vision historique, sociologique et philosophique de la question, permettant au candidat de prendre du recul et de mieux situer l’importance de sa formation dans le contexte plus global de la société. Ce sont aussi des compétences dans le domaine du droit et de l’économie de l’environnement, qui vont permettre au candidat de disposer des connaissances indispensables à l’élaboration de projets qui soient bien intégrés à la réalité économique et sociale. A l’issue de la formation, les diplômés auront les connaissances et aptitudes nécessaires permettant d’aider les décideurs du monde des entreprises.

Pour plus d’informations : http://www.utt.fr/dess-ei/

– DESS Ingénierie Ecologique (INGECO), Corte (Corse)

L’ingénierie de l’écologie se définit comme la capacité à imaginer et à mettre en œuvre des montages et des méthodes de production parfaitement adaptées aux besoins et aux objectifs spécifiques des entreprises et administrations qui intègrent l’environnement dans leur démarche stratégique.

Les collectivités publiques comme les entreprises privées prônent aujourd’hui une nouvelle sorte de développement économique : le développement durable. Ce développement se traduit par des programmes d’aménagement et de gestion du territoire ainsi que par une intégration des entreprises dans l’environnement, visant à améliorer le bien-être présent sans dégrader la capacité des générations futures à satisfaire leurs attentes.

C’est dans cette optique que le DESS INGECO (Ingénierie de l’Ecologie) a vu le jour à l’Université de Corse en Septembre 2000. Cette formation a pour objectifs de :

• Satisfaire une demande croissante de spécialistes de haut niveau dans le secteur des éco-industries.
• Proposer une conception globale de l’environnement centrée autour de la mobilisation de moyens divers afin de résoudre ou éviter des problèmes environnementaux.
• Fournir une réponse économiquement performante à des questions relevant de la réduction-prévention des pollutions et des risques ainsi que de l’aménagement de l’activité industrielle.
• Former des ingénieurs en écologie manifestant une polyvalence spécialisée en adéquation avec la complexité des problèmes rencontrés dans ce secteur.

L’écologie industrielle est abordée dans plusieurs modules (écologie économique, montages de l’écologie industrielle). Les enseignements sont assurés par des universitaires et des professionnels sous la forme de séminaires.

Pour plus d’information : http://dessingeco.free.fr/  et http://www.univ-corse.fr/index.php?action=fiche&id_form=37

Les écoles d’ingénieurs

Institut National Polytechnique de Grenoble

Le programme « Procédés Industriels et Management Environnemental » (PIME) est une nouvelle formation de l’Institut National Polytechnique de Grenoble. PIME est une troisième année d’école d’ingénieur qui a pour objectif de former des ingénieurs chimistes, papetiers, mécaniciens, automaticiens, ou autres, aux problématiques environnementales.

L’objectif de ce module est de compléter la formation technique des ingénieurs par des enseignements en procédés de dépollution mais aussi par des aspects de management de l’environnement. Il permet d’aborder les problèmes de gestion de l’environnement en intégrant la législation, mais aussi la qualité, l’hygiène et la sécurité.

La seconde partie du module, nommée « éco-produits » souligne l’importance de la prise en compte des problèmes environnementaux lors de la conception même de nouveaux produits ou de nouveaux sites industriels. Elle s’attache à illustrer les notions d’écologie industrielle et d’intégration dans le paysage urbain ou industriel. L’accent est surtout mis sur les éco-produits avec deux axes principaux l’éco-conception et les analyses de cycles de vie.

L’objectif est plus de donner l’idée et l’envie aux futurs ingénieurs de se tourner vers cette vision du monde industriel dans leur futur métier en présentant des cas concrets de réalisation.

Pour plus d’informations : http://pime.inpg.fr/ens/prog/mana3.html et http://pime.inpg.fr/

Les formations particulières

Ecole d’architecture de Lille – Formation continue : Architecture, territoires et développement durable

La question du développement durable interroge l’ensemble des activités humaines en incitant à reconsidérer les postulats tenus pour acquis par notre société occidentale et ses principes de développement.

En matière d’urbanisme et d’architecture, ces questions sont d’autant plus importantes que les choix de conception et de gestion ont un impact important, voire essentiel sur la consommation d’énergie et de matières premières, la qualité des espaces urbains et des lieux de vie, mais aussi sur nos modes de vie collectifs et nos comportements individuels.

Les métiers de l’architecte, de l’urbaniste et du paysagiste, doivent donc s’imprégner de ces nouveaux concepts et en faire des points d’appui de leurs modes de conception et de réalisation. De nouveaux métiers, ou du moins de nouvelles formes de ces métiers, émergent à ces croisements.

Le stage propose d’aborder ces questions dans une vision à la fois globale (histoire de la ville au XX siècle, émergence du développement durable, implications sur les grands choix urbains, …) en même temps que thématique et donc plus locale (organisation spatiale et urbaine, transports, matériaux, ambiance, …).

Les renforcements du programme 2004 portent sur les gestions relatives à l’eau, « l’ingénierie climatique », les énergies renouvelables, l’écologie industrielle et les études de cas (bâtiments,…) ainsi que les études de coût global. L’intervention en écologie industrielle dure une journée, ce qui constitue avant tout, pour les stagiaires une « ouverture » sur un domaine qui reste encore assez confidentiel tout au moins pour les architectes.

Les objectifs de cette formation sont d’abord d’intéresser et de former les professionnels de l’architecture, de la ville et du paysage, en leur facilitant ainsi une mobilisation et une capacité de réponse adaptée aux nouvelles demandes exprimées tant par les citoyens que par les maîtres d’ouvrage. Il s’agit aussi d’aider plus spécifiquement des jeunes diplômés en recherche d’une insertion professionnelle plus pointue. Le troisième objectif est plus interne à l’école et à la Région Nord Pas-de-Calais elles-mêmes : cette action est l’occasion de mettre en commun les potentialités de l’école sur ces questions, de s’associer à de nouveaux partenaires enseignants et chercheurs, mais aussi associatifs et politiques.

Cette formation concerne essentiellement les professionnels des champs de l’architecture, de la construction, de l’urbanisme et du paysage ainsi que les jeunes diplômés de ces filières.

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