Principes et objectifs de l’écologie industrielle

ecologie-industrielle

L’enjeu consiste à faire évoluer le système industriel vers un mode de fonctionnement viable à long terme, compatible avec la Biosphère. Pour tendre vers cet objectif, on peut, dans la perspective de l’écologie industrielle, définir une stratégie opérationnelle qui comporte quatre axes principaux :

1. Valoriser systématiquement les déchets :

A l’image des chaînes alimentaires dans les écosystèmes naturels, il faut créer des réseaux d’utilisation des ressources et des déchets dans les écosystèmes industriels, de sorte que tout résidu devienne une ressource pour une autre entreprise ou un autre agent économique.

On peut ainsi chercher à déterminer les meilleures associations industrielles possibles, pour permettre d’utiliser de manière optimale tous les flux de matière et d’énergie liés à ces activités. On peut ainsi envisager des complexes « pulpe-papier », « engrais-ciments », « aciéries-engrais-cimenteries », etc. Des exemples partiels et spontanés de tels complexes existent depuis longtemps, mais il s’agit désormais de les développer de manière explicite et systématique.

2. Minimiser les pertes par dissipation :

Aujourd’hui, dans les pays industrialisés, la consommation et l’utilisation pollue souvent plus que la fabrication. Les engrais, les pesticides, les pneus, les vernis, les peintures, les solvants, etc., sont autant de produits totalement ou partiellement dissipés dans l’environnement lors de leur usage normal. Il s’agit de concevoir de nouveaux produits et de nouveaux services minimisant ou rendant inoffensive cette dissipation pour l’Homme et son environnement.

3. Dématérialiser l’économie :

Il s’agit de minimiser les flux totaux de matière (et d’énergie) tout en assurant des services au moins équivalents. Le progrès technique permet d’obtenir plus de services avec une quantité moindre de matière, notamment en fabricant des objets plus légers. Plus généralement, l’une des meilleures manières de dématérialiser l’économie consiste à optimiser l’utilisation, autrement dit à vendre l’usage au lieu de l’objet (par exemple, un fabricant de photocopieurs qui vend le service « photocopies » au lieu de la machine, a ainsi tout intérêt à ce que son photocopieur, dont il reste propriétaire, nécessite le moins de matière possible, ait une durée de vie fonctionnelle la plus longue possible, soit aisément recyclable, etc.).

4. Décarboniser l’énergie :

Depuis les débuts de la révolution industrielle, le carbone sous forme d’hydrocarbures d’origine fossile (charbon, pétrole, gaz) représente l’élément principal, la substance vitale irriguant toutes les économies qui se développent sur le mode occidental. Le carbone fossile est à la source de nombreux problèmes identifiés aujourd’hui : augmentation de l’effet de serre, smog, marées noires, pluies acides. Il faut donc rendre la consommation d’hydrocarbures moins dommageable (par exemple en récupérant le gaz carbonique issu de la combustion) et favoriser la transition vers une diète énergétique moins riche en carbone fossile (énergies renouvelables, économies d’énergie).

On le voit, l’écologie industrielle s’intéresse à l’évolution du système industriel dans sa globalité et à long terme. Les problèmes d’environnement ne constituent donc qu’un aspect, parmi d’autres, de l’écologie industrielle, qui œuvre pour l’avènement d’un système industriel plus « élégant », c’est-à-dire capable de générer des richesses et du bien-être avec moins de ressources et moins d’impacts sur la Biosphère.

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